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Étude de cas · Projet personnel

99 villes, 549 pages,
deux langues

Flag Chronicles raconte les drapeaux des villes américaines. Sur le papier, un sujet de niche. En réalité, le même problème que tout catalogue éditorial : beaucoup d'entités, chacune avec ses données, son visuel et son récit, et un lecteur qu'il faut empêcher de décrocher.

99

villes documentées

549

pages prérendues

2

langues, dès la conception

42

tests automatisés

Le risque, au départ

Quatre-vingt-dix-neuf entités à présenter, c'est la porte ouverte à la liste. Une grille de vignettes, un tri alphabétique, et un lecteur qui regarde les trois premières avant de fermer l'onglet.

C'est exactement ce qui arrive aux catalogues en ligne quand ils sont pensés comme un inventaire plutôt que comme une collection. Le contenu est là, personne ne le traverse.

Quatre décisions ont été prises pour l'éviter. Aucune n'est spécifique aux drapeaux.

01

Une grille d'évaluation, pas un avis

Écrire « ce drapeau est raté » n'engage que moi. J'ai donc repris les cinq principes de la NAVA, l'association nord-américaine de vexillologie : rester simple, porter une symbolique, se limiter à deux ou trois couleurs, éviter le lettrage, se distinguer des autres.

Chaque drapeau est noté sur ces cinq critères, et la grille est expliquée sur sa propre page. Le lecteur sait avec quoi on mesure avant de lire le verdict.

Ce que ça change : le classement devient défendable. On peut être en désaccord avec une note, pas avec la méthode. C'est la différence entre un billet d'humeur et une référence qu'on cite.

02

Les sources sur chaque fiche

Les 99 villes ont leurs sources citées, articles de référence sur la ville et sur son drapeau. Rien d'héroïque : c'est du travail de fourmi, fait une fois, à la saisie.

Mais sans ça, le récit le mieux écrit reste invérifiable. Et un contenu invérifiable ne se cite pas.

Ce que ça change : un texte documenté cesse de ressembler à une opinion. Pour un éditeur, c'est la différence entre une notice et une notice qui fait autorité.

03

Le bilingue dès la conception

Les 99 récits existent en français et en anglais, avec les balises hreflang qui indiquent aux moteurs qu'il s'agit de deux versions d'une même page, et non de contenu dupliqué.

La structure des URL, le routage et les métadonnées ont été pensés pour deux langues dès le premier jour.

Ce que ça change : ajouter une langue après coup coûte trois fois plus cher que la prévoir au départ. Si une version anglaise est envisageable un jour, la question se pose maintenant.

04

Tout en statique

Les 549 pages sont générées une fois, à la publication, puis servies comme de simples fichiers. Le site n'a rien à calculer quand un lecteur arrive.

C'est le bon choix pour un catalogue qui change peu : une parution, une mise à jour de fiche, et on régénère.

Ce que ça change : pas de base de données à maintenir, pas de serveur qui tombe un dimanche soir, un hébergement dont le coût tend vers zéro, et des pages qui s'affichent instantanément.

Ce que le lecteur en fait

Le catalogue se traverse par quatorze portes différentes : une carte interactive, un classement du mieux au moins bien conçu, un comparateur côte à côte, des pages par thème, des visualisations, un quiz, une page de contribution pour signaler une erreur.

Personne n'emprunte les quatorze. Mais chacun trouve la sienne, et c'est précisément ce qu'une liste alphabétique ne permet pas.

Et pour un catalogue de livres ?

C'est le même problème, avec d'autres entités. Un titre, une couverture, un auteur, une collection, une date, un texte de présentation. Beaucoup de fiches, et un lecteur à ne pas perdre.

Les quatre décisions se transposent telles quelles : des critères explicites plutôt qu'un classement opaque, des informations vérifiables, la question des langues posée au départ, et une technique qui ne coûte rien à maintenir.

La différence entre un catalogue qu'on consulte et un catalogue qu'on explore ne tient presque jamais au nombre de titres. Elle tient au nombre de chemins qui y mènent.